Crise d’angoisses : les 7 erreurs à ne pas faire.

Crise d’angoisses : les 7 erreurs à ne pas faire.

Une crise d’angoisse peut être un épisode fortement traumatisant. C’est la manifestation de troubles anxieux aigues, d’une montée de stress incontrôlable. La durée d’une crise d’angoisse peut varier de quelques minutes à quelques heures, indépendamment de la durée c’est une épreuve difficile à surmonter. Les symptômes d’une crise d’angoisse peuvent également être nombreux et dépendent de chacun, sentiment de peur, sensation de danger ou manifestations physiologiques comme des palpitations, sueurs, tremblements, douleurs thoraciques.

 

Quel que soit sa durée, son intensité ou ses manifestations, plusieurs erreurs sont régulièrement commises car l’on pense à tort que cela va diminuer la crise de panique. Il n’existe pas de remède miracle, ne pas reproduire ces 7 erreurs lors d’une crise d’angoisse reste cependant un premier pas !

chercher à s’enfuir.

1ère erreur à éviter lors d’une crise d’angoisse : chercher à s’enfuir.

Une crise d’angoisse peut être une réaction démesurée à un environnement perçu comme menaçant, à certains éléments extérieurs considérés comme agressifs et dangereux. Ce n’est certes pas facile d’éviter cette erreur car le potentiel premier réflexe sera de chercher à s’enfuir de l’endroit où l’on éprouve la crise d’angoisse mais il faut à tout prix l’éviter.

Tenter de fuir va renforcer les futures crises de panique.

En effet fuir l’environnement dans lequel se produit une crise d’angoisse va installer une association tenace entre un lieu, un élément sonore ou visuel, une odeur et l’apparition de la crise d’angoisse. Dès que nous serons ensuite confrontés à cet environnement la crise d’angoisse ressurgira alors plus fréquemment et avec plus de force.

Tentez plutôt de vous focalisez sur vous-même plutôt que sur votre environnement lors d’une crise d’angoisse.

Ne fuyez donc pas l’endroit où vous faites face à une crise d’angoisse et tentez de vous rappelez que ces crises ont des causes endogènes et non exogènes. Ainsi en se recentrant sur vous, ce premier réflexe de fuite va diminuer au bout de quelques secondes et vous ne commettrez plus cette erreur.

2ème erreur à éviter lors d’une crise d’angoisse : penser que votre vie est en danger.

Ce deuxième réflexe est également humain et naturel : pensez que notre vie est réellement en danger lors d’une crise d’angoisse. La crise d’angoisse relève de troubles anxieux démesurés et peut enclencher un sentiment de danger mortel. Les différents symptômes d’une crise d’anxiété comme des douleurs thoraciques puissantes, des palpitations ou un souffle court vont renforcer ce sentiment. C’est en réalité une réaction chimique normale de l’organisme, une fausse information envoyée par le cerveau qui va réagir à cette montée intense de panique et de stress.

Une astuce pour relativiser et diminuer ce sentiment de danger imminent et de tenter de se rappeler de ses précédentes crises d’angoisses que l’on a surmonté. Le cerveau va ainsi naturellement relativiser l’expérience actuelle en y associant les épisodes passés qui ont été surmontés sans conséquences physiques .

 

anxiolytique est le seul moyen pour calmer une crise d’angoisse.

3ème erreur à éviter lors d’une crise d’angoisse : penser qu’un anxiolytique est le seul moyen pour calmer une crise d’angoisse.

Soyons honnête, prendre un anxiolytique lors d’une crise d’anxiété peut être un moyen efficace de la calmer. L’effet va être relativement rapide et immédiat et si nous le reproduisons systématiquement pour calmer une crise d’angoisse, le cerveau va associer naturellement l’anxiolytique à la seule issue possible à cette anxiété généralisée et insurmontable.

Les anxiolytiques peuvent provoquer de fortes dépendances

En effet se pose dans un premier temps le problème d’une possible addiction qui va venir se superposer aux troubles anxieux et malheureusement les renforcer. Un anxiolytique, et à plus forte raison les benzodiazépines, provoquent une accoutumance, pour conserver leur efficacité, les doses vont donc devoir être augmentés. Les épisodes de manques et de sevrage, qui peuvent apparaître très rapidement, vont ainsi augmenter considérablement l’anxiété chronique.

Les anxiolytiques traitent uniquement les symptômes des crises d’angoisses.

Les anxiolytiques vont uniquement traiter les symptômes des troubles de l’anxiété, et non les traiter. En d’autres termes, on va enfouir ses problèmes plutôt que de les traiter, alors certes il est primordial de traiter les symptômes d’une crise d’angoisse, mais ils se manifesteront ensuite malheureusement avec plus de force et d’intensité. C’est ce qu’on appelle l’effet rebond des anxiolytiques. Associer systématiquement des anxiolytiques à une crise d’angoisse va également rendre plus difficile le travail de fond indispensable pour comprendre les causes profondes de ces crises de panique.

Les anxiolytiques ne peuvent et ne doivent pas être la seule solution à la prise en charge d’épisodes de crise de panique.

 

l’hyperventilation

4ème erreur à éviter lors d’une crise d’angoisse : l’hyperventilation.

La sensation de manque d’oxygène, un symptôme physique de la crise d’angoisse.

Un des symptômes d’une crise d’angoisse est une sensation d’étouffement, de manque d’air. La respiration peut devenir saccadée et inégale et va renforcer les troubles anxieux. Ce symptôme peut s’ajouter à des douleurs thoraciques et des palpitations. Un réflexe naturel va donc être de tenter de compenser ce manque d’air en respirant plus vite et plus fort.

L’hyperventilation est une erreur commune à ne pas faire lors d’une crise de panique.

En effet cette hyperventilation va produire l’effet inverse en empêchant l’organisme d’assimiler correctement l’oxygène. Dès lors un cercle négatif va s’enclencher, cette hyperventilation va renforcer le manque d’oxygène et donc le sentiment d’étouffement. Il faut alors adopter la stratégie inverse.

De nombreuses techniques de respiration existent et sont efficaces pour calmer une crise d’angoisse.

En tentant justement de ralentir sa respiration et de se concentrer sur ce nouveau rythme qui est contrôlé. Il y’aura alors deux avantages sur ce contrôle du rythme de la respiration. Le premier va être d’optimiser l’oxygénation du corps et donc de diminuer cette sensation d’étouffement. Le deuxième avantage, et il n’est pas négligeable, va être de se recentrer sur soi-même et de faire baisser mécaniquement le stress. Ce n’est pas facile mais par cet effort de volonté, par le fait de contrôler sa respiration et de tenter de se focaliser uniquement sur ce nouveau rythme, le stress et l’anxiété généralisée va progressivement diminuer.

Vous l’aurez compris, plutôt que de s’hyperventiler avec rapidité, il faut plutôt tenter de maîtriser le rythme de sa respiration et se focaliser sur la sensation qu’il en résulte.

communiquer sur votre état

5ème erreur à éviter lors d’une crise d’angoisse : ne pas communiquer sur votre état.

Certains associent beaucoup trop facilement une crise d’angoisse à une forme de faiblesse psychologique. On peut alors subir des remarques désobligeantes qui vont renforcer mutisme sur cette souffrance psychiques. Cette pression sociale va donc amener à se renfermer sur soi-même, à ne pas extérioriser ou partager ses angoisses.

Subir des crises d’angoisses ou de panique n’est pas synonyme de faiblesse.

Une crise de panique est un réflexe de notre organisme, de notre système nerveux sensé s’enclencher lors d’un danger extrême. En subir de manière récurrente est simplement une illustration de réactions excessives de notre psychisme. Chacun éprouve ses propres angoisses, peurs ou inquiétudes et chaque réaction est subjective. Acceptons cette condition humaine et cette part de fragilité qui n’est en rien synonyme de faiblesse. Ayant accepté ce postulat il peut sembler moins difficile d’échanger avec vos proches concernant ces épreuves.

Vous n’êtes pas responsable de vos crises d’angoisses.

Encore une fois, tentez de vous dégagez de cette idée pernicieuse que vous êtes responsable de vos crises de panique. Nous ne sommes pas toujours maitres des réactions de notre cerveau, ces réflexes peuvent être de l’ordre de l’innée ou s’être installés profondément. Tenter de déculpabiliser va réduire la pression psychologique de subir ces crises de panique et faciliter la prise de parole.

Il est ainsi fondamental d’extérioriser ses peurs, son stress ou expériences quant à vos crises d’angoisse. Communiquer avec ses proches peut avoir un rôle expiatoire et constituer une première étape vers le bien être. Il est également important que vos proches à l’oreille bienveillante vous comprennent et puissent anticiper ou savoir comment réagir en cas de crise.

6ème erreur à éviter lors d’une crise d’angoisse : résister aux symptômes plutôt que de les accepter.

C’est ici également un réflexe naturel, lors d’une crise d’angoisse on va tenter de toutes ses forces d’en combattre les symptômes physiques. C’est une erreur, l’effet opposé se produira.

Lutter contre les symptômes physiques d’une crise d’angoisse va augmenter le stress et la sensation de danger.

L’état de lutte demande un état de vigilance et de concentration aiguisé. Ainsi tenter de combattre les manifestations physiques d’une crise d’angoisse est une erreur courante. La conscience, le ressenti de ces symptômes physiques va donc s’en trouver accru. Un cercle pernicieux va s’installer, plus vous tenterez de lutter, plus la sensation physique de la crise de panique deviendra importante. Il faut plutôt de tenter d’apprivoiser ces symptômes, en les acceptant une forme de sérénité et de distance va émerger. Tenter de se concentrer dans cet état d’acceptation sereine va permettre également à l’esprit de se reconnecter au corps et de réduire la tension nerveuse.

Accepter les symptômes physiques d’une crise d’angoisse, les apprivoiser, est un pas fondamental et une victoire vers le bien être.

7ème erreur à éviter lors d’une crise d’angoisse : ne rien faire et croire que cela va changer avec le temps.

Les causes de crises d’angoisses sont multiples et variées. Chacun peut réagir de manière très différente à des traumatismes ou difficultés de la vie. Parfois des épisodes que l’on juge insignifiants peuvent avoir des conséquences insoupçonnées et profondes. En tout état de cause, il est rare de pouvoir faire face seul à ce mal être et ces épreuves de crises d’angoisses.

Il est pratiquement impossible de surmonter durablement les crises d’angoisses sans aide extérieure.

Il est important de pouvoir se faire accompagner par un professionnel de santé pour pouvoir dans un premier temps identifier la source, l’élément déclencheur, le choc émotionnel ou le traumatisme responsable de l’apparition des crises de panique. Penser que cela va disparaitre est faux, c’est malheureusement souvent le contraire qui advient. Enfouir le problème plutôt que de l’extérioriser ne fera que l’installer durablement. Accepter sa vulnérabilité, la relativiser en admettant un besoin d’aide est une première étape salvatrice.

Il est aussi primordial de trouver une écoute sans jugement, bienveillante et qui accepte de nous accompagner vers la liberté.

CONCLUSION

Nous l’avons rappelé à de nombreuses reprises dans cet article, mais je tiens encore une fois à le souligner : une crise d’angoisse est une réaction naturelle démesurée et excessive du cerveau à une sensation perçu comme dangereuse. Déculpabilisez, acceptez sa faiblesse passagère et la recontextualiser sont indispensables pour surmonter ces épreuves. Ces 7 erreurs à ne pas faire lors d’une crise d’angoisse peuvent sembler évidentes, il est malgré tout fondamental de les avoir en tête, ce sont des réflexes encore une fois naturels qu’il faut abandonner.

Nous espérons vous avoir été précieux dans la lecture de cet article. Subir des crises d’angoisses n’est pas une fatalité et l’on peut s’en sortir, simplement il est difficile de le faire seul.

 

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